Quebec Loi 25 vs LPRPDE

Par Rodrigo Lamadrid 25 août, 2026
Quebec Loi 25

Quebec Loi 25 et la LPRPDE régissent toutes les deux la façon dont les organisations traitent les renseignements personnels au Canada. Mais les entreprises présument souvent qu’elles sont interchangeables. Ce n’est pas le cas, et l’écart entre les deux a des conséquences bien réelles pour quiconque fait affaire avec des résidents du Québec.

Dans cet article, nous expliquerons ce qu’est la Loi 25 et ce qu’est la LPRPDE, les différences clés entre les deux, qui doit se conformer à chacune, et comment Mindsec vous aide à gérer les deux à la fois.

Qu’est-ce que Quebec Loi 25?

Officiellement « Loi modernisant des dispositions législatives en matière de protection des renseignements personnels », cette loi est la loi provinciale du Québec en matière de vie privée pour les secteurs privé et public. On la désigne aussi couramment, dans le langage courant, comme la loi sur la protection des renseignements personnels Québec, ou simplement Loi 25 du Quebec.

Contrairement à la LPRPDE, Quebec Loi 25 a été adoptée en septembre 2021 (anciennement le projet de loi 64), et a modifié la Loi sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé, la loi québécoise déjà existante en matière de vie privée, et a déployé ses nouvelles exigences par phases entre 2022 et 2024, la dernière étant le droit à la portabilité des données en septembre 2024.

Cette loi sur la protection des renseignements personnels Canada, version québécoise, s’applique de façon large à toute organisation qui « exploite une entreprise » au sens de la loi au Québec et qui recueille, utilise ou communique de quelque façon les renseignements personnels de personnes situées dans la province, peu importe où l’organisation elle-même se trouve établie physiquement.

Une présence physique au Québec n’est pas requise pour être visé. Une simple présence numérique en ligne suffit amplement pour être visé, ce qui explique précisément pourquoi la conformité à Quebec Loi 25 prend autant d’entreprises hors province par surprise.

La Commission d’accès à l’information (CAI) supervise l’application de la loi. Elle est à la fois un tribunal administratif et un organisme de surveillance, avec un réel pouvoir d’enquête et de sanction, ce qui contraste nettement avec la façon dont l’application de la vie privée fonctionnait historiquement au Canada.

Qu’est-ce que la LPRPDE?

La Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE) est la loi fédérale canadienne sur la protection de la vie privée dans le secteur privé. Elle a reçu la sanction royale en avril 2000 et établit les règles de base pour la façon dont les organisations traitent les renseignements personnels dans le cadre de leurs activités commerciales à travers le pays.

Vous pouvez consulter le texte intégral de PIPEDA sur le site Justice Laws Website, le dépôt officiel de la législation du gouvernement du Canada.

PIPEDA s’articule autour de dix principes relatifs à l’équité dans le traitement de l’information, couvrant la responsabilité, le consentement, la limitation de la collecte et les mesures de sécurité, entre autres. Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada (CPVP) supervise la conformité et enquête sur les plaintes.

Voici l’élément le plus important pour cette comparaison. PIPEDA s’applique à l’échelle fédérale, sauf dans les provinces qui ont adopté leur propre loi jugée « essentiellement similaire ». Là où cette exception s’applique, la loi provinciale prévaut, ce qui est exactement la situation que crée Quebec Loi 25.

Quebec Loi 25 vs LPRPDE : les différences clés

Pour la présenter simplement, cette loi 25 sur la protection des renseignements personnels se compare à la LPRPDE, tout se résume à la portée, à l’application de la loi, et au niveau de précision de chacune sur des obligations spécifiques.

Portée. PIPEDA s’applique partout au Canada aux activités commerciales, sauf dans les provinces dotées d’une loi essentiellement similaire. Loi 25 s’applique spécifiquement à quiconque fait affaire avec des personnes situées au Québec, que cette entreprise soit basée à Montréal, à Toronto, ou n’importe où ailleurs dans le monde.

Pouvoir d’application. C’est ici que les deux lois divergent le plus. L’application de PIPEDA a historiquement été limitée : le CPVP pouvait enquêter et recommander, mais disposait de peu de pouvoir pour imposer des sanctions directes. La Loi 25 donne à la CAI de vrais moyens : sanctions administratives et sanctions pénales.

Sanctions. La Loi 25 fonctionne en réalité avec deux régimes de sanctions distincts. Les sanctions administratives pécuniaires, imposées directement par la CAI sans passer par les tribunaux, peuvent atteindre 10 millions de dollars CAD ou 2 % du chiffre d’affaires mondial.

Les sanctions pénales, qui passent par la Cour du Québec, peuvent atteindre 25 millions de dollars CAD ou 4 % du chiffre d’affaires mondial, avec une amende minimale de 15 000 $ pour les entreprises.

Pour Quebec Loi 25, le régime de sanctions de PIPEDA est plus restreint en comparaison. Les organisations qui, sciemment, omettent de déclarer une atteinte, d’aviser les personnes concernées ou de conserver les registres d’incidents peuvent faire face à une amende pouvant atteindre 100 000 $ CAD, mais uniquement par voie de poursuite pénale renvoyée au procureur général, un processus rarement utilisé en pratique.

Obligations spécifiques. La Loi 25 introduit des exigences que PIPEDA ne précise pas aussi explicitement : un responsable de la protection des renseignements personnels obligatoire (par défaut, le PDG, à moins qu’une autre personne ne soit désignée), et des évaluations des facteurs relatifs à la vie privée (ÉFVP) avant certains transferts ou communications de données.

Elle exige aussi un registre des incidents de confidentialité, et prévoit un droit à la portabilité des données, en vigueur depuis le 22 septembre 2024.

Avis en cas d’atteinte. Les deux lois exigent un avis lorsqu’une atteinte présente un risque réel de préjudice, mais la Loi 25 est plus prescriptive sur le processus, notamment en avisant directement la CAI. La Loi 25 exige aussi de conserver le registre des incidents pendant cinq ans, comparativement à deux ans sous PIPEDA.

Transferts transfrontaliers de données. PIPEDA exige une « protection comparable » lorsque des données sont transférées à un tiers, mais n’impose pas de processus d’examen formel.

Quebec Loi 25 va plus loin : avant de communiquer des renseignements personnels à l’extérieur du Québec, pas seulement à l’extérieur du Canada, une ÉFVP documentée est requise, confirmant que la juridiction destinataire offre une protection adéquate. La CAI peut exiger cette évaluation en tout temps.

Droit d’action privé. Les plaintes sous PIPEDA passent par le CPVP. La Loi 25 donne aux individus un accès direct aux tribunaux : des dommages-intérêts punitifs minimaux de 1 000 $ CAD par personne pour les violations intentionnelles ou résultant d’une faute lourde, et les recours collectifs sont explicitement permis.

Qui doit se conformer à chacune?

Si votre organisation recueille, utilise ou communique des renseignements personnels de personnes situées au Québec dans le cadre de ses activités, cette loi s’applique à vous. Peu importe où votre entreprise a son siège social.

PIPEDA s’applique aux activités commerciales partout au Canada, sauf lorsqu’une loi provinciale essentiellement similaire prend le relais. Le Québec, l’Alberta et la Colombie-Britannique ont toutes des lois reconnues comme essentiellement similaires pour certaines de leurs activités du secteur privé, ce qui signifie que la loi fédérale cède sa place pour les organisations qui opèrent strictement dans ces provinces.

En pratique, pour quiconque compare Quebec Loi 25 et la LPRPDE, la plupart des entreprises qui opèrent dans plusieurs provinces doivent comprendre les deux cadres : PIPEDA comme socle fédéral, et la loi québécoise comme norme plus stricte dès que des résidents du Québec sont concernés.

Foire aux questions

La Loi 25 remplace-t-elle la LPRPDE?

Pas entièrement. La Loi 25 a préséance sur PIPEDA spécifiquement pour les activités concernant des résidents du Québec. La loi fédérale continue de s’appliquer à toute activité commerciale à l’extérieur du Québec qui n’est pas couverte par une autre loi provinciale essentiellement similaire.

La Loi 25 est-elle plus stricte que la LPRPDE?

Oui, sur la plupart des aspects : un régulateur plus puissant, des sanctions plus élevées, et des obligations plus prescriptives, comme le responsable de la protection des renseignements personnels obligatoire et les ÉFVP.

La LPRPDE s’applique-t-elle encore si je me conforme à la Loi 25?

Si votre organisation opère uniquement au Québec, vous conformer à la Loi 25 vous couvre généralement. Si vous traitez aussi des renseignements personnels à l’extérieur du Québec, la loi fédérale continue de s’appliquer à cette portion de vos activités.

Que se passe-t-il si une entreprise à l’extérieur du Québec vend à des résidents du Québec?

Les règles québécoises en matière de vie privée s’appliquent quand même. L’emplacement de votre siège social n’a pas d’importance; ce qui compte, c’est si vous traitez des renseignements personnels de personnes situées au Québec.

La LPRPDE va-t-elle changer pour se rapprocher de Quebec Loi 25?

Possiblement. Le gouvernement fédéral a déposé le projet de loi C-36 le 15 juin 2026, qui édicterait la Loi visant à protéger la vie privée et les données des consommateurs (LPVPDC) et créerait un nouvel organisme de réglementation, la Commission canadienne de la sécurité numérique et de la protection des données.

Il s’agit de la troisième tentative de réforme fédérale, après le projet de loi C-11 et le projet de loi C-27 depuis abandonné, et elle rapprocherait les sanctions fédérales de ce qu’exige déjà la Loi 25. Tant que le projet de loi C-36 n’est pas adopté, les règles fédérales actuelles demeurent en vigueur.

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  • Déterminer quel cadre s’applique à chaque partie de votre entreprise, selon l’endroit où se trouvent réellement vos personnes concernées.
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  • Utiliser notre correspondance préétablie des dix principes de la LPRPDE directement par rapport aux exigences de la Loi 25, pour ne pas reconstruire les mêmes contrôles deux fois.
  • Centraliser vos ÉFVP et les garder prêtes pour un audit de la CAI ou du CPVP.
  • Gérer votre conformité avec d’autres cadres comme SOC 2, ISO 27001 et le RGPD, le tout sur une seule plateforme.

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